L’histoire du curé d’Ars

L’histoire du curé d’Ars

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« Ce n’était pas des voix humaines »

Donna Sue Berry

L’église de saint Jean-Vianney à Ars

Non. Il avait décidé que ce n’était pas des voix humaines, ni des voix d’origine angélique.

Il savait qui c’était, et il savait aussi pourquoi cela avait chargé l’atmosphère d’un remugle infernal.

C’était le diable. Et il était en position d’attaque.

La lutte étant proche, le curé d’Ars avait un plan de bataille pour repousser les attaques : « Je me tourne vers Dieu ; je fais le signe de Croix ; j’adresse quelques mots méprisants au diable. »

Alors, en prière, patiemment, saint Jean-Marie Vianney passait des nuits inconfortables malmené par le « grappin » – il savait heureusement que c’était là le signe qu’un grand pécheur reviendrait au sacrement de réconciliation le jour suivant. Parfois, après une telle nuit, il y avait une « grosse prise » : de nombreux pécheurs arrivaient pour se confesser.

La petite ville d’Ars n’était pas connue pour sa sainteté ou sa piété. En fait, lorsque le prêtre nouvellement ordonné y fut affecté, Ars croulait sous les péchés. Particulièrement sous les vices du blasphème, du sacrilège, de la profanation du Dimanche, de la noce et des réunions dans les tavernes avec son lot de chansons et de propos indécents.

Ces vices faisaient l’objet de sermons, qu’il ne réprimait jamais : « La taverne est la boutique du diable, l’école où l’enfer vend ses dogmes, le marché où l’on troque les âmes ; c’est le lieu où les familles se désintègrent, le lieu où la santé est minée, où les querelles commencent et où les meurtres sont commis. »
Le curé d’Ars ne mâchait pas ses mots.

Transformer le village entier en une véritable communauté de fidèles fut pour lui une œuvre d’amour, de fervente prière, de mortification et de rude pénitence. Et une vie vécue dans la plus parfaite obscurité. Il se levait au milieu de la nuit, à une heure du matin, pour entendre les confessions et passait de 14 à 18 heures par jour au confessionnal.

Si un pénitent dissimulait certains péchés, le curé l’admonestait et les énumérait, à sa grande surprise. On savait qu’il pleurait en écoutant les confessions, avec ce commentaire : « Je pleure, mon ami, parce que tu ne pleures pas. »

Il respecta un jeûne strict d’un repas par jour, la plupart du temps constitué d’une ou de deux pommes de terre bouillies, de pain noir et d’eau. Il portait souvent un accessoire pénitentiel à même la peau dont le frottement provoquait des tâches de sang sur ses habits. Quand il dormait, c’était sur un matelas nu, ou dans la cave, sur un tas de bois. S’il lisait, c’était son bréviaire, la vie des saints ou quelque chose se rapportant à la théologie.

Les villageois, interloqués, étaient témoins que leur prêtre mettait en pratique ce qu’il prêchait. Il leur montrait l’exemple.

En dix ans, toute la ville fut convertie. Cette conversion ne passa pas inaperçue : des milliers de gens commencèrent à affluer à Ars pour voir le saint prêtre et se confesser à lui.

Corps intact de saint Jean-Marie Vianney

Aujourd’hui, près de 500 000 visiteurs par jour viennent contempler le corps inaltéré de saint Jean-Marie Vianney, le saint et pauvre curé d’Ars, responsable de la conversion de milliers de pécheurs.

Donna Sue Berry

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