Pourquoi l’arbre de Noël est-il chrétien

Pourquoi l’arbre de Noël est-il chrétien

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Une histoire qui vient de la vieille Angleterre et d’Allemagne

Michael Durnan

Noël est la période la plus sombre de l’année en Europe du Nord et en Amérique du Nord. Sur ces terres froides, l’arbre de Noël reste un puissant symbole chrétien, une lumière qui brille dans l’obscurité hivernale. Son feuillage persistant égaye nos paysages d’hiver, lugubres et stériles, à une époque de l’année où la plupart des arbres sont nus, tristes et squelettiques.

Mais comment les conifères, les pins et les sapins sont-ils devenus les symboles de la fête de la Nativité du Christ ?

Un prince allemand du XIXe siècle
« Aujourd’hui, j’ai deux enfants qui sont émerveillés devant l’arbre de Noël allemand et ses bougies étincelantes. »
Les arbres de Noël sont devenus populaires en Grande-Bretagne après que le Prince Albert, époux allemand de la reine Victoria et prince consort, les introduisit en 1841. Quoi que fit la famille royale, toute la société à la mode s’y conformait. Les arbres de Noël firent bientôt entièrement partie du Noël britannique.
Cependant, il est intéressant de noter qu’en fait, le Prince Albert « bouclait la boucle ». Car ce fut un Anglais qui, un jour, l’offrit au peuple allemand.
Ce fut un Anglais qui, un jour, l’offrit au peuple allemand.

Un moine du Haut Moyen Âge
C’est un moine bénédictin du VIIIe siècle, saint Boniface de Crediton, dans le royaume anglo-saxon du Wessex, qui apporta le premier l’Évangile aux tribus germaniques d’Europe du Nord.

Contrairement aux Anglo-Saxons d’Angleterre, les tribus germaniques du continent nord-européen étaient encore païennes. Ils adoraient Odin et Thor – d’anciens dieux scandinaves assez cruels. Un des aspects les plus primitifs de cette culture religieuse germano-scandinave était le sacrifice humain pour apaiser les dieux – particulièrement Odin, le premier d’entre eux, et Thor, la divinité de la foudre et du tonnerre.

En Angleterre, Boniface savait que la conversion au christianisme avait tempéré les aspects les plus sauvages et les plus violents de la culture guerrière anglo-saxonne. Il savait aussi que le christianisme répondait à ce qu’il y avait de meilleur en eux. Boniface pensait que cela pouvait aussi s’appliquer à leurs cousins germaniques. Il décida de mettre fin à cette pratique barbare quand il partit en mission au sein de ces peuplades.

Un des aspects les plus primitifs de cette culture religieuse germano-scandinave était le sacrifice humain pour apaiser les dieux – particulièrement Odin, le premier d’entre eux, et Thor, la divinité de la foudre et du tonnerre.

Un vieux chêne sanglant
Selon la légende, Boniface fit savoir aux tribus qu’il empêcherait lui-même le prochain sacrifice. Il rassembla son groupe de moines près d’un vieux chêne – arbre sacré dans la mythologie scandinave. C’était l’endroit où l’on faisait couler le sang, où les Germains accomplissaient leurs sacrifices humains.

La victime sacrificielle, une jeune fille, fut préalablement attachée au chêne mais avant que le coup fatal ne lui soit porté, Boniface arracha la hache des mains du bourreau.

Le moine bénédictin l’abattit alors sur les chaînes de la jeune fille ; celles-ci se brisèrent sous la lame affûtée. Il relâcha la jeune victime et retourna sa hache contre l’arbre sacré.

Quand il fit une énorme entaille sur le tronc, les spectateurs restèrent sans voix, sidérés, incapables de réagir pendant que le bénédictin continuait à donner des coups de hache. Le chêne s’écroula au sol sans faire de dégâts, dans un silence rempli d’appréhension.

Toutefois, au grand étonnement des moines, les féroces Germains tombèrent à genoux de terreur. Anticipant la colère de leurs dieux pour ce sacrilège, ils étaient certains que Boniface serait frappé d’un fulgurant coup de « Mjöllnir », le marteau du dieu Thor.

L’origine de l’arbre de Noël allemand
Enhardi, Boniface brisa le silence. D’une voix forte, il ordonna aux hommes agenouillés de regarder attentivement le pied du chêne. Là, dans la terre, au milieu des racines de l’arbre, une jeune pousse de sapin était en train d’éclore à quelques centimètres du sol.

Boniface expliqua qu’Odin, Thor et les autres dieux étaient tombés en même temps que le chêne mais que le Dieu de Boniface leur avait donné ce petit arbre à la place. Celui-ci n’allait jamais perdre ses feuilles et serait toujours plein de vie jusqu’au plus fort de l’hiver. Il leur montra que les aiguilles du sapin pointaient vers le ciel. Il expliqua aussi que ces aiguilles étaient persistantes pour leur rappeler que l’Amour trinitaire chrétien allait durer éternellement.
Le premier Noël après cet événement, Boniface rapporta à l’intérieur de l’église un sapin, symbole de l’amour éternel du Christ. Grâce à Boniface, les tribus germaniques se convertirent au christianisme.

Le premier Noël après cet événement, Boniface rapporta à l’intérieur de l’église un sapin, symbole de l’amour éternel du Christ.

Grâce à Boniface, les tribus germaniques se convertirent au christianisme. Plus tard, devenu évêque de Mayence, il fonda le monastère bénédictin de Fulda et resta une grande partie de sa vie en Allemagne, y affermissant la Foi chrétienne. Il mourut martyr à un âge avancé en essayant d’apporter le Christ dans les îles frisonnes, aux Pays-Bas, le 5 juin 754.

Boniface souhaitait que son corps fût inhumé en Allemagne, un pays dont il avait fini par aimer les gens. Il fut donc enterré dans l’abbaye de Fulda et de nos jours, Boniface est considéré comme l’Apôtre des Germains.

Un cadeau parmi les Nations
Depuis que le Prince Albert a institué la tradition des arbres de Noël en Angleterre, un grand sapin est érigé tous les ans à Trafalgar Square. Depuis 1945, la Norvège l’offre au Royaume-Uni comme remerciement pour son soutien durant la Deuxième Guerre mondiale.

Les Britanniques se sont approprié cette coutume germanique, mais peu de gens savent que c’est un Anglais, il y a très longtemps, qui en a donné l’idée aux Allemands. Et que c’est un Allemand, en retour, qui le leur a rendu en cadeau.

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