Chavagnes International College

Chavagnes International College

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Chavagnes International College a été fondé en 2002 dans un ancien petit séminaire de l’ouest de la France, par un groupe de professeurs britanniques sous la direction de Ferdi McDermott, ancien éditeur catholique. Ferdi a été lui-même directeur du Collège depuis 2007.

Qu'est-ce qui vous a poussé à fonder ce collège ?
J’ai toujours été attiré par la vision du cardinal Newman, exprimée dans son essai sur “L’Idée d’université” où il écrit qu’un lieu d’éducation devrait être une communauté d’esprits et de coeurs. Selon Newman, l'éducation est basée sur l'amitié
C’est la relation positive entre les étudiants eux-mêmes et entre les étudiants et les professeurs – et avec Dieu Tout-Puissant – qui qui constitue la base de l'apprentissage. L’apprentissage a lieu car les gens souhaitent apprendre l’un de l’autre, fruit de l’estime qu’ils ont l’un pour l’autre. Surtout pour les jeunes, l’apprentissage est une chose tout à fait naturelle.

 

Vous êtes-vous inspirés d'autres établissements et leurs traditions ?
Nous nous sommes inspirés d'établissements comme Oxford, Cambridge et Eton, qui avant la réformation étaient des des lieux d'éducation où les étudiants, qui se retrouvaient aux repas et en cours, se réunissaient également tous les jours pour prier.
Les piliers d'institutions comme Oxford ou Cambridge étaient leurs fondateurs qui considéraient l'enseignement, l'érudition et la prière comme une vocation. . Ces lieux étaient censés d’être des centres de prière et d’apprentissage, inspirés, certe, de la vie monastique du Moyen-Age, mais tout à fait en contradiction avec elle.
Newman a écrit que le lieu idéal pour l'apprentissage “donnera le jour à un enseignement vivant, qui deviendra, au fil du temps, une tradition pérenne, aussi appelée genius loci –un esprit de tradition qui hante l'établissement où il a vu le jour, et qui imprègne et forme plus ou moins, individuellement, toutes les personnes qui l'ont fréquenté un temps.”

 

Vous semblez totalement faxciné par les idées de John Henry Newman.
Oui, M. Newman songreait vraiment à imaginer ce qu'aurait pu devenir Eton et Oxford sans la Réforme. L’excellence universitaire a besoin de la sainteté pour vraiment prospérer. Voilà ce dont il rêvait.
Et quelque chose comme cet idéalisme nous habitait quand nous avons établi notre propre école en l’an 2000, en Vendée qui est une région française connue pour sa dévotion fidèle et ses liens avec l’Angleterre, dans un bâtiment qui avait été un petit séminaire pendant presque deux siècles et qui a été construit près d’un monastère bénédictin. Nous faisons vraiment partie de la tradition, ici, nous la sentons bien autour de nous.

 

Quels obstacles avez-vous dû surmonter, et comment l'avez-vous fait ?
Les autorités françaises ne nous ont pas facilité la tâche C’est la culture la plus administrative au monde soi-disant libre. Mais on s’y habitue. Le truc c’est de s’acharner, et parfois simplement d’espérer que les fonctionnaires français auront pitié d’un Anglais médusé se sentant victime de la paperasserie français. La population locale et notre évêque local ont été très accueillants.

 

Les alentours de l’école sont très beaux. Comment avez-vous trouvé l’endroit?
A cause d’une différence énorme entre les prix immobiliers du Royaumes Unis et de la France, il y a quelques temps, beaucoup d’Anglais déménageaient de l'aute côté de la Manche; à l’époque, c'était la mode d’échanger une petite maison à Londres pour un château en France. Nous l’avons fait en petite groupe, un projet audacieux en tête. Nous n’étions pourtant pas les seuls Anglais à entreprendre un tel déménagement à l’époque.

 

Comment avez-vous su qu'il y avait, en France, un besoin d'éducation catholique selon le modèle scolaire anglais ?

Eh bien, nous ne le savions pas. J'avais simplement une idée claire de l'école que je voulais fonder, et cette idée a été partagée par mes collègues. Au début, presque tous nos étudiants étaient des Anglais. Cela a pourtant changé. Qu'un certain type de famille française aime l'Angleterre et soit particulièrement intéressé par une école comme la nôtre fut une bonne surprise.

 

D'où est-ce que viennent vos étudiants?
En ce moment, nous avons quarante garçons. vingt-cinq d’entre eux sont des Français, mais quelques uns viennent de familles bilingues, et ceux qui y restent pendant quelques années seront bientôt bilingue. La plupart des garçons Français provient des familles aristocratiques toujours fidelement attachées à leur foi catholique et prête à faire des grands sacrifice pour leurs enfants. Nous avons aussi des étudiants d’Angleterre, de Malta, d’Espagne, de Pologne, de la Russie, de Nigeria, et deux des Etats-Unis.

Quels niveaux et quels cours spéciaux sont enseignés dans votre école ?
C’est une école secondaire avec des étudiants agés de onze à dix-huit ans. Nous préparons nos garçons à l’entrée à l’université, et ils passent le A-level, examen britannique avec la possibilité de passer le baccalauréat français . Nous enseignons le latin, le grec, l'espagnol, l'allemand et le français , bien que seulement bien que seuls très peu de garçons, très intelligents, arrivent à étudier toutes ces langues au même temps. Il y a aussi les mathématiques, les sciences, l’histoire, la musique et les religions. Et Et le sport, beaucoup de sport. Les garçons aiment ça, et ça les leur fait plaisir.

Parlez-nous un peu de vos meilleurs professeurs.
Beaucoup de nos professeurs viennent d’Oxford, de Cambridge ou d'autres grandes universités du Royaume-Uni. Plusieurs d'entre eux sont titulaires ou préparent leur doctorat. La plupart d'entre eux sont bons dans tout, ils aiment le sport et la musique. Je ne voudrais pas attirer l'attention sur l'un ou l'autre en particulier, sauf pour dire que deux d'entre eux sont, aujourd'hui ordonnés. l’un est prêtre à l’Institute of Christ the King, l’autre est diacre à la Fraternité de St Pierre.[1]
C'est dommage quand d'excellents enseignants nous quittent, mais nous sommes heureux de les perdre si c'est pour devenir prêtre. Ce qu'il est important de dire à propos des professeurs de cette école, c'est qu'ils sont amis autant que collègues, ce qui fait une différence positive pour les garçons.

 

Est-ce qu'il est difficile d'étudier loin de chez soi pour les garçons qui quittent leurs parents pour la première fois ? Comment s'adaptent-ils ?
En général, la maison de papa-maman ne manque pas très longtemps aux garçons. Ils sont tellement occupés. Par contre, ils manquent à leur mère. Mais nous apprenons à prendre en compte le manque ressenti par ces mères.

 

Pour quelles raisons les parents disent-ils choisir votre école ? Est-ce que les garçons ont le choix ?
Bien sûr que les garçons ont le choix. Les raisons pour lesquelles les parents choisissent notre écoles sont multiples, mais ce sont surtout des raision religieuses et culturelles. Les garçons ont pourtant foi en l'idéal de l'école et le font prospérer.

Vous vous donnez beaucoup de peine pour aider les garçons à s'incrire à l'université. Quelles universités vos anciens étudiants sont-ils allés ?
A en nommer quelquesunes, nous avons réussi à placer des garçons à Oxford, à Cambridge, à Edinburgh et aux autres universités principales du Royaume Uni, aussi bien qu’à la Sorbonne – l’université la plus ancienne de la France -, à l’Université Pontificale de Novaire. Quelques garçons sont allés aux Etats-Unis, à l’Université de Kansas, aussi au Thomas Aquinas College.

A propos des anciens étudiants, que sont-ils devenus ? Est-ce qu'ils travaillent dans cette école ?
Plusieurs des anciens élèves sont revenus pour enseigner pendant un semestre ou une année. C'est toujours magnifique de les retrouver et apprendre à connaître les hommes qu'ils sont devenus.Nous avons un ancien élève qui a étudié dans notre école de 2002 à 2005 et qui est maintenant diacre et sera ordonné prêtre en décembre.D'autres sont avocats au Royaume-Uni, en France et en Espagne. Jusqu’ici, pas de médecin, mais cela viendra peut-être. Jusqu'ici, autant que je sache, personne ayant fini en prison. Dans l'ensemble, ils ont un sens développé de la loyauté envers l'Eglise et de l'amitié. Ils restent souvent en contact.

Quelle a été votre meilleure expérience en tant que directeur de cette école ? Votre pire expérience ? Votre expérience la plus surprenante ?
Je crois pouvoirrépondre à toutes ces questions par une seule anecdote.. En janvier 2011, je suis tombé du toit (ironie du sort, en préparant l'école à une inspection de sécurité). Heureusement, je m'en suis sorti avec seulement une hanche et le poignet cassés, mais j'ai dû resté alité pendant à peu près deux mois, incapable de marcher pendant à peu près trois mois.
Le temps d'hospitalisation a été l'occasion d'une retraite silencieuse involontaire, avec pour seules distractions la télévision française et la visite de jeunes infirmières intriguées. J'ai beaucoup réfléchi. Après neuf ans à Chavagnes, j'avais beaucoup de doutes.
Mais les garçons étaient gentils. Quelques uns envoyaient des friandises, des cartes postales, même une scie sauteuse. Quand je suis retourné à l'école en fauteuil roulant, j'ai vu des garçons et des professeurs profondément émus et heureux de mon retour. Et puis, j'ai senti que j’étais simplement soulagé d’être à la maison; c'est là qu'est ma place, là où je fais un travail difficile mais très gratifiant et que j'aime énormément.
Cela m’a permis de renouveler mon engagement, de tout mon coeur, pour les dix ans à venir! Alors toute cette expérience a été à la fois la pire et la meilleure chose qui me soit arrivée dans le cadre de l'école.
A part ça, je dirais que l’enseignement, c’est plein de beaux moments. C’est simplement magnifique de vivre l'instant où l'enfant commence à apprendre ou à comprendre quelque chose de nouveau et d'intéressant. Cela me fait toujours sourire.
C’est un grand privilège de les voir se transformer en hommes fidèles, bons et idéalistes. Moi-même, j'ai été élève dans une bonne école et une excellente université, mais je me prends souvent à souhaiter avoir eu la même éducation que ces garçons, à souhaiter avoir été, à l'âge de dix-huit ans, un jeune homme aussi solide que nombre de ces jeunes gens.
Je crois que plusieurs d'entre eux seront des professeurs vraiment extraordinaires.

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