Les Petites Sœurs Disciples de l’Agneau

Les Petites Sœurs Disciples de l’Agneau

Print Friendly, PDF & Email

« Ses épouses, petites et bien-aimées »

J’ai compris que chaque fleur créée par Lui est belle, que l’éclat de la rose et la blancheur du lys n’atténuent pas le parfum de la violette ou la douce simplicité de la marguerite. J’ai compris que si toutes les petites fleurs désiraient être des roses, la nature ne serait plus émaillée de jolies couleurs. C’est ainsi dans le monde des âmes, dans le jardin vivant de Notre Seigneur.  – Thérèse de Lisieux.

Donna Sue Berry

Dans ce jardin, il y a la communauté des Petites Sœurs Disciples de l’Agneau. Selon sa prieure, l’existence de cet institut religieux est de « permettre à celles qui sont à la « dernière place » dans le monde de tenir dans l’Église le rôle exceptionnel d’épouses du Christ, et de permettre à celles dont on méprise l’existence – au point d’être mise en danger par la culture de mort – de témoigner par leur consécration à l’Évangile de la Vie. »

La communauté accueille en son sein des femmes atteintes de trisomie 21 (syndrome de Down). Elles suivent la « petite voie » de sainte Thérèse. Leur vie simple est constituée de prière, de travail et de sacrifice. Ensemble, les sœurs apprennent à leurs petites sœurs handicapées les tâches manuelles nécessaires à leur développement, y compris l’Adoration et le Rosaire adaptés à leur rythme et à leurs aptitudes.

Les Petites Sœurs reçoivent les jeunes femmes touchées par l’esprit de pauvreté et de dévouement, prêtes à offrir en sacrifice leur existence entière au service du Christ dans la personne de leurs sœurs trisomiques. Tous les jours, elles reçoivent l’Eucharistie, vivent dans le silence et la prière en méditant l’Évangile.

Le couvent se trouve dans un grand parc à proximité de l’abbaye bénédictine de Fontgombault. Un des moines de l’abbaye sert de chapelain à la petite communauté. L’ordre a été fondé avec le soutien du serviteur de Dieu, feu le Professeur Jérôme Lejeune. C’est lui qui a identifié l’anomalie chromosomique à l’origine de la trisomie 21.

Mère Line, la prieure, a partagé avec nous son regard sur ses Petites Sœurs :

Pouvez-vous nous parler de vos sœurs ?

L’institut des Petites Sœurs Disciples de l’Agneau est un ordre contemplatif qui donne la possibilité à de jeunes femmes atteintes du syndrome de Down de réaliser leur vocation religieuse. Cette réussite n’est seulement possible que parce qu’elle est soutenue par des sœurs « valides » qui ont répondu à l’appel de l’Amour en se consacrant à Dieu et à leurs sœurs handicapées, et ce afin de ne former qu’une seule et même communauté.

Il s’agit d’une vocation unique dans l’Église. Jean-Paul II a déclaré que chaque vie était précieuse aux yeux de Dieu (encyclique Evangelium vitae). L’Église, en reconnaissant l’institut, a expressément recommandé à ce que la communauté ne soit rattachée à aucun ordre ou congrégation existants. Elle a demandé aux sœurs de chercher leur propre voie en s’ajustant et en s’adaptant aux handicaps des autres sœurs.

C’est pourquoi nous ne sommes pas deux communautés combinées en une, avec les sœurs trisomiques d’un côté et les « valides » de l’autre. Nous ne formons qu’une seule et même communauté, une même famille, où toutes vivent au même rythme, plus ou moins ajusté. Nous partageons les offices et les mêmes tâches ; le travail manuel est adapté en fonction des capacités de chacune.

Quels ont été les débuts de l’ordre ?

La communauté a été fondée il y a presque 30 ans, en 1985. Nous avons commencé très modestement, à Buxeuil, dans un petit village du diocèse de Tours. Nous avons cultivé notre charisme à la suite de deux saints : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et sa « petite voie », non pour tendre vers de grandes choses mais pour tout accomplir par amour du Christ, et saint Benoît, à qui nous avons pris les deux mots-clés « Ora et Labora » – prière et travail. Cet équilibre est très important pour nos petites sœurs handicapées.

Nous avons été reconnues canoniquement en 1990 comme Association Publique par l’archevêque de Tours. Nous sommes aujourd’hui basées au Blanc, dans le diocèse de Bourges, et sommes devenus un institut religieux de vie contemplative en 1999. Notre vocation est de consacrer notre vie à Dieu par le don d’Amour destiné aux plus faibles et à celles qui sont sans défense.

Qui a fondé votre ordre ?

Tout a commencé avec la rencontre de deux jeunes femmes : Line (maintenant prieure de la communauté) et Véronique, une jeune fille trisomique, aujourd’hui religieuse. Mère Line avait alors décelé en la jeune Véronique une véritable vocation. Elle savait qu’elle aurait besoin d’aide car toutes les communautés religieuses dans lesquelles elle s’était présentée avaient été réticentes à la prendre. Année après année, la communauté – reconnue par l’Église et conduite par l’Esprit Saint – s’est adaptée à la trisomie 21 et à la vie religieuse avec un handicap.

De quelle manière l’abbaye de Fontgombault s’est-elle rapprochée de votre couvent ?

Depuis le début de sa fondation, le Père Abbé Antoine Forgeot est un vrai père pour la communauté et un grand soutien. Il a nommé le Père de Feydeau pour accompagner les Petites Sœurs dans leur développement spirituel. Ce dernier a très bien compris le charisme de l’institut et a été un bon professeur pour nous. La communauté lui doit beaucoup. Il connaissait les Petites Sœurs et a accueilli leur esprit d’enfance. Il est ensuite parti aux États-Unis pour aider à la création de l’abbaye de Clear Creek [monastère bénédictin fondé en 1999 en Oklahoma, NdT], et nous sommes restés en contact avec lui jusqu’à sa mort. Quand il nous a appris par lettre sa grave maladie, il a eu ces mots très beaux : « Je serai le petit frère des Petites Sœurs. » Après Dom Antoine Forgeot, Dom Pateau lui a succédé. C’est ainsi que sont nés les liens avec l’abbaye de Fontgombault, liens qui perdurent aujourd’hui.

Pourriez-vous nous parler de la relation entre le serviteur de Dieu, Jérôme Lejeune, et votre communauté ?

Oui, le Professeur Lejeune connaissait des Petites Sœurs depuis leur naissance et les a suivies quand elles sont entrées dans la communauté. Encore aujourd’hui, nous pouvons appeler la Fondation Jérôme Lejeune quand nous en avons besoin. Le professeur Lejeune a dit que si l’intelligence était limitée, alors ceux qui étaient atteints du syndrome de Down pouvaient la développer par le cœur, et par conséquent, n’être pas handicapés. Pour lui, une vie religieuse adaptée est possible pour les trisomiques.

Vous avez à la fois des sœurs atteintes de ce syndrome et d’autres non. À quoi une postulante doit-elle s’attendre lorsqu’elle vous contacte?

À quelqu’un qui viendrait comme postulante, nous lui dirions qu’elle ne doit pas viser trop haut. Nous empruntons aux Carmélites la « petite voie » enseignée par sainte Thérèse ; elle convient à notre amour de la pauvreté. Nous n’accomplirons jamais de grandes choses et ne serons jamais de grandes théologiennes.

Les Petites Sœurs forment une grande famille. « La prière, c’est un simple regard jeté vers le Ciel » dit sainte Thérèse. Nous n’avons rien à envier à nos chères sœurs du Carmel. Nous n’en avons pris que la manière. En regardant nos petites sœurs tout au long de la journée, nous contemplons Jésus caché dans le cœur de tous, petits et humbles. Jésus nous a placées à l’exigeante école de l’Amour. C’est une grande joie, une grande grâce de pouvoir nous offrir à Dieu à travers nos petites sœurs. C’est comme cela qu’elles peuvent se consacrer à Jésus et devenir Ses épouses, petites et bien-aimées.

Combien de temps durent le postulat et le noviciat ?

Elles ont tout d’abord un temps de discernement. Ensuite, il y a une année de postulat puis trois ans de noviciat. Suit une autre période de trois ans pour les vœux temporaires jusqu’à leur profession solennelle.

Mère Line, qu’aimeriez-vous ajouter à propos de votre ordre et de son charisme si particulier ?

Plusieurs jeunes filles atteintes de trisomie frappent à notre porte. Pour répondre à leur appel, notre communauté a besoin de nouvelles vocations, des femmes valides qui ont le désir fervent de servir le Christ… et nos petites sœurs ! Cet appel peut être entendu dans le cœur de beaucoup. Nous avons besoin de prouver au monde actuel qu’il existe de jeunes femmes prêtes à consacrer totalement leur existence à Dieu, par la vie religieuse et pour la défense de la Vie avec nos sœurs trisomiques.

Comment ces jeunes femmes peuvent-elles vous contacter ?

Nous avons un besoin urgent de personnes en bonne santé avec la solide vocation d’aider et de s’occuper des petites sœurs trisomiques. En témoignage de l’Évangile de la Vie. Même venant d’un autre continent, elles seront accueillies à bras ouverts !

Celles qui sont intéressées peuvent nous écrire à cette adresse :

http://www.les-petites-soeurs-disciples-de-lagneau.com/   
Petites Sœurs Disciples de l’Agneau
14, rue de la Garenne
36300 Le Blanc
FRANCE

Sœur Rose Claire
Cela fait un an, le 4 mai, que Sœur Rose Claire, notre petite sœur « valide » âgée de 26 ans, a été rappelée à Dieu. Elle avait profondément compris le charisme de l’institut. Le Seigneur l’a choisie, comme elle l’avait écrit en 2012 à l’occasion de ses vœux définitifs : « Il n’y a qu’une chose qui fasse battre mon cœur, c’est l’amour que je reçois et celui que je donne. »

Les moines bénédictins de l’abbaye Notre-Dame de Clear Creek, dans le diocèse de Tulsa en Oklahoma, sont également liés aux Petites Sœurs Disciples de l’Agneau. Leur dernier sous-prieur, le Père François de Feydeau, était leur directeur spirituel ; il avait reçu de Sœur Rose Claire une image qu’elle avait elle-même dessinée :

« L’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au Ciel, ce sont vos bras, ô Marie ! Pour cela, je n’ai pas besoin de grandir, au contraire, il faut que je reste bien petite et que je le devienne de plus en plus. »

Comments

comments

No Comments

Post A Comment